Le Tour de France de A à Z

Le Tour de France arrive ! Grande fête populaire vieille de plus d’un siècle mais ternie dans son passé récent par de sombres histoires de dopage organisé, la Grande Boucle demeure un rendez-vous incontournable pour des millions de fans dans le Monde entier.

Tu ne comprends pas l’intérêt de regarder des types pédaler tous les jours pendant 3 semaines ? Tu n’as même jamais vraiment compris les règles du jeu ? Ces quelques articles sont faits pour toi, avec un défi, réussir à te faire regarder et apprécier une étape du Tour ce mois-ci.

Rentrons un peu dans le jargon du cyclisme pour ne pas être complètement largué.e le jour où vous serez devant une étape du Tour sans autre recours possible. Ça pourra vous permettre aussi de lâcher 2-3 bons mots avec vos ami.e.s passionné.e.s.

Attaque

Attaque à l’avant !! Une phrase dite, répétée, parfois hurlée par les commentateurs. Un coureur attaque lorsqu’il essaie de fausser compagnie à ses adversaires en accélérant violemment. Ce sont elles qui font les grands moments du Tour, notamment dans les cols les plus difficiles de la course où les meilleurs grimpeurs essaient de distancer leurs adversaires pour remporter le classement général.

Bordure


Sans doute le terme cycliste pour lequel vos souvenirs de cours de physique de collège vous seraient le plus utile. Une bordure vient de la manière des coureurs de se disposer sur la route pour se protéger d’un vent fort venant de trois-quart face généralement. Afin de profiter de l’abri offert par le coureur situé juste devant eux, les coureurs prennent toute la largeur de la route, créant ainsi un « éventail ». Problème, lorsque le dernier coureur de l’éventail est collé au bas-côté, ceux qui sont derrière lui ne peuvent plus profiter de l’abri et se retrouvent en file indienne, dans la bordure. Ils doivent alors redoubler d’efforts pour suivre le rythme et risquent à tout moment d’être distancés par les coureurs qui les précèdent. Les « coups de bordure » peuvent créer de gros écarts de temps et parfois coûter la victoire finale à certains favoris. Pour plus d’infos sur l’aspiration, c’est ici

Chasse-patate


Se dit de coureurs isolés entre 2 groupes. Lorsque des coureurs attaquent et parviennent à prendre quelques minutes d’avance sur le peloton, certains autres essaient parfois d’attaquer à leur tour pour les rejoindre, avec un temps de retard. Ils risquent alors de se retrouver en chasse-patate, quelques minutes derrière les échappées, quelques minutes devant le peloton et vont souvent se fatiguer pour rien et se faire rattraper pour finir dans le peloton. Un nom peu flatteur, pour une situation peu flatteuse.

Directeur sportif


Chaque équipe est mené par un directeur sportif, sorte de coach en course chargé avec son staff d’informer, ravitailler et encourager les coureurs de son équipe. Souvent dans l’une des voitures suiveuses, ils sont au plus près des coureurs sur les routes et communiquent avec eux par oreillette pour les informer des écarts, des difficultés à venir ou des événements de course. C’est aussi eux qui fixent la stratégie de l’équipe sur chaque étape.

Echappée


Une échappée est un groupe de coureurs (ou un coureur seul) qui parvient à distancer les autres. Ainsi, lors de chaque début d’étape, des coureurs attaquent pour tenter de constituer l’échappée du jour. Si l’un d’eux parvient à remporter l’étape en fin de journée, on parle de la « bonne échappée », celle qu’il fallait prendre pour s’imposer. Lors des étapes de plaine, les échappées ont très peu de chance d’aboutir car le peloton est capable d’accélérer en fin d’étape pour les rattraper et gère l’écart toute la journée grâce aux GPS et à leurs directeurs sportifs qui les informent par oreillettes. Sur les étapes de haute et moyenne montagne, l’issue est en revanche souvent plus incertaine.

Flamme rouge


Depuis 1906 la flamme rouge est un petit drapeau accroché à l’arche indiquant le dernier kilomètre. Ce petit drapeau symbolique s’est généralisé sur toutes les courses cyclistes.

Gruppetto


Le Gruppetto, « petit groupe » en italien, est un groupe de coureurs qui se forme à l’arrière de la course lors des étapes de montagne. Il est composé de coureurs incapables de suivre les meilleurs grimpeurs lorsque la route s’élève et qui allient leur force pour finir la course dans les délais. Ils n’ont alors aucun poids sur la course à la victoire, mais quitte à ne rien faire, autant le faire à plusieurs.

Hors-délai


Les coureurs qui, justement, n’arrivent pas à suivre le Gruppetto, risquent de terminer hors délai et d’être disqualifiés. Chaque jour, les délais sont calculés par rapport au temps du vainqueur de l’étape (entre 3% et 25% de ce temps selon la difficulté de l’étape et la vitesse moyenne du vainqueur). Une fois ce temps dépasser, les coureurs n’ayant pas franchi la ligne d’arrivée sont contraints d’abandonner la course. Un peu comme un candidat enfermé dans la salle du trésor à Fort Boyard, les tigres en moins.

Indurain


Miguel de son prénom, l’espagnol détient le record de 5 Tours de France remportés en compagnie du Belge Merckx et des Français Hinault et Anquetil mais est le seul à avoir réalisé cette performance sur 5 Tours consécutifs. Entre 1991 et 1995, personne n’a réussi à contester sa domination. Extrêmement fort en montagne et parmi les meilleurs spécialistes du contre-la-montre, il s’est même offert 2 années de suite le doublé Tour d’Italie-Tour de France, une performance qu’il est le seul à avoir réalisée. A n’en pas douter l’un des meilleurs sur les courses par étape de l’histoire du cyclisme.

Jaja


Surnom de Laurent Jalabert, (on s’est pas foulé, je vous l’accorde), véritable star française du peloton dans les années 1990-2000. Jamais à la lutte pour remporter le classement général, il est devenu la coqueluche du public grâce à son panache et ses nombreuses victoires d’étape. Il est aujourd’hui consultant sur France Télévisions. Le RnB a Djadja, le cyclisme a Jaja.

Kivilev


Un coureur devenu tristement célèbre en mars 2003. Lors de la course Paris-Nice, le kazakh Andrei Kivilev se tue en chutant à Saint-Etienne lors de la deuxième étape. Rappelant que le cyclisme est un sport à risques, sa mort aura au moins eu le mérite de rendre obligatoire le port du casque, facultatif jusqu’alors, sur toutes les courses. Une mesure qui aurait sans aucun doute pu éviter ce drame si elle avait été anticipée.

Lâché(s)


Être lâché signifie se faire distancer par d’autres coureurs. L’objectif pour les coureurs jouant le classement général est donc de lâcher leurs adversaires pour leur reprendre un maximum de temps. De même, pour remporter une victoire d’étape, il est souvent mieux de réussir à lâcher ses adversaires pour finir en solitaire.
 

Moteur


La nouvelle hantise des organisateurs et des directeurs de course. Après les scandales de dopage qui ont écornés les dernières décennies, la nouvelle méthode de triche en vogue est la motorisation miniaturisée sur les vélos. Malgré des suspicions, très peu de cas ont été avérés et les organisateurs du Tour emploient désormais des arbitres équipés de caméra thermique pour s’assurer qu’il n’y a rien de suspect dans les vélos engagés.

Nice


Ce sera la ville du grand départ de l’édition 2020 du Tour. Chaque année, le lieu change et se situe même parfois à l’étranger pour populariser l’épreuve. L’année prochaine par exemple, il s’effectuera à Copenhague ! Les coureurs effectueront 3 étapes dans les rues Danoises afin de revenir par avion lors d’une journée de repos en France pour continuer l’épreuve. Comme souvent, la première étape sera plate et favorisera les sprinters qui tenteront de remporter l’étape et d’endosser le maillot jaune par la même occasion.

Ollivier


Jean-Paul Ollivier n’est pas un coureur, mais il est tout de même une Légende du Tour. Journaliste emblématique qui a couvert la course pendant plus de 40 ans. D’abord commentateur, il s’est mué en véritable historien de la course. Une encyclopédie vivante, injouable au Trivial Pursuit, qui a également donné une dimension supplémentaire aux retransmissions TV sur France 2 à partir de 2001 en présentant les monuments historiques filmés par hélico tout au long du parcours et en ressortant comme si de rien n’était des anecdotes historiques du Tour dont personne ne se souvient de type « ça me rappelle la 12ème étape du tour 1976… ».

Poisson-pilote


Drôle de surnom donné aux équipiers chargés de lancer le sprint afin de mettre dans les meilleures conditions leur leader sprinter quelques hectomètres avant la ligne d’arrivée. Poisson car ils doivent se faufiler à haute vitesse entre les différents coureurs du peloton pour se positionner le plus près possible de la tête. Pilote car ils sont suivis comme leur ombre par leur leader sprinter qui lui fait une confiance aveugle pour le placer au mieux avant la dernière ligne droite.

Queue de peloton


Désigne l’arrière du peloton. En général, lorsqu’un coureur est en queue de peloton, c’est que ça ne va pas fort, notamment en montagne. Une sorte de purgatoire en attente du jugement dernier condamnant un coureur à être lâché par ses adversaires et à perdre du temps.

Repos


Les coureurs ont droit à 2 journées de repos sur les 3 semaines de Tour de France, on n’est pas des bêtes. Souvent positionnées juste après ou juste avant un enchaînement d’étapes de montagne difficiles, elles permettent aux coureurs de souffler, soigner leurs blessures durant 24 heures. En général, les coureurs font tout de même une sortie vélo pour se dégourdir les jambes. Les lendemains sont parfois difficiles pour certains coureurs qui perdent le rythme et peuvent alors perdre gros.

Sprint massif


Peut-être la phase la plus spectaculaire du cyclisme. Un sprint massif survient à l’arrivée de quasiment toutes les étapes de plat lorsque tous les coureurs roulent ensemble dans le peloton. C’est alors une véritable guerre de tranchées entre les équipes de sprinters qui n’hésitent pas à se toucher, se pousser, tout cela à plus de 60km/h pour lancer au mieux leur leader. Ce dernier doit alors faire parler sa puissance sur les 200 derniers mètres pour remporter la victoire.

Transition


Les étapes de transition ou « étapes à sieste » sont de looongues étapes de plaine situées entre les différents massifs montagneux de l’Hexagone. Parfois longues de plus de 200km sur un parcours plat comme la main, elles n’ont aucune incidence sur le classement général et se terminent généralement par un sprint massif. Le stéréotype des étapes insupportables à regarder.

US Postal


L’équipe cycliste la plus controversée de tous les temps qui a jeté un voile noir sur sa discipline durant plus d’une décennie. Le train bleu, en rapport avec sa couleur de maillot et la vitesse démentielle de ses coureurs, a régné sur le Tour de 1999 à 2005 en mettant en place un système de dopage organisé avec à sa tête le plus grand cycliste escroc de tous les temps Lance Armstrong qui clama son innocence pendant des années avant de finalement avouer l’évidence en 2013.

Virenque


Richard de son prénom, il est, comme Jaja, l’un des chouchous du public français dans les années 1990-2000. Grimpeur infatigable, il a remporté le maillot à pois 7 fois, un record sur le Tour. Son nom est aussi associé à son équipe Festina, qui abandonna le Tour 1998 à la suite de révélations de dopage organisé. Il est resté adulé par la plupart des suiveurs, un peu moins par les Guignols de l’Info, je vous laisse vérifier par vous-même.

Wiggins


Premier à plus d’un titre, le coureur britannique Bradley Wiggins a été le premier coureur d’outre-Manche à remporter le Tour de France en 2012. Il a ouvert une ère de domination de l’équipe Sky, aujourd’hui renommée Ineos, bénéficiant de moyens beaucoup plus élevés que ses concurrents, puisqu’elle a remporté 7 des 8 derniers Tours de France avec 4 coureurs différents. Une véritable armada qui sera cette année encore la grande favorite pour ramener le Maillot Jaune à Paris.

Zwift


La révolution 2.0 du cyclisme. Popularisé particulièrement pendant le confinement, Zwift est un simulateur de course virtuel de plus en plus utilisé. Un tour de France virtuel a d’ailleurs été organisé en juillet sur cette plateforme qui permet de simuler quasiment avec exactitude les conditions réelles de course.