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Podcast - Jeux Olympiques SEOUL 1988

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24 ans après l’édition de Tokyo, les JO reviennent en Asie en cet été 1988. C’est la Corée du Sud qui accueille cette 24ème Olympiade dans sa capitale Séoul. Après 2 éditions marquées par les boycotts successifs des Etats-Unis et de leurs alliés puis de l’URSS et des leurs, nous retrouvons enfin une édition quasiment au complet. Cette édition fut marquée notamment par les performances de pas mal de stars planétaires que je vais vous présenter tout de suite.

Le dopage surgit aux Jeux Olympiques

Cette Olympiade de Séoul, pour beaucoup de monde, garde un goût amer. La raison ? C’est la première fois qu’un athlète de premier plan se fait contrôler positif à un test anti-dopage. Comme je vous l’ai déjà dit, cela fait un petit moment que le dopage pollue le sport mais à l’époque, personne n’en est vraiment conscient. Et cette année-là, c’est le vainqueur du 100m, l’épreuve reine des JO qui, trois jours après sa victoire sera rattrapé par la patrouille. Suite à un contrôle positif aux stéroïdes, e Britannique Ben Johnson sera obligé à rendre son titre et sa médaille au profit de Carl Lewis, deuxième sur la piste qui continuera alors sa moisson dorée. Il sera suspendu 2 ans et sa carrière et sa réputation ne se remettront jamais de sa tricherie.

Heureusement, cette édition a aussi été marquée par des événements plus heureux. A commencer par l’épreuve de dressage en équitation. Le dressage, si vous n’avez jamais eu l’occasion d’en voir et d’écouter les commentaires poétiques du regretté Jean Rochefort, c’est une sorte de chorégraphie de type patinage artistique mais sur un cheval. La particularité de cette épreuve à Séoul, c’est que les 3 médailles ont été remportées par des femmes ! Et oui l’équitation est le seul sport mixte des Jeux et cette année-là, trois femmes récoltèrent les lauriers puisque l’Ouest-allemande Nicole Uphoff s’imposa devant la Française Margit Otto-Crépin et la Suissesse Christine Stückelberger. Et pan le patriarcat !

 

De nombreuses autres femmes ont été à l’honneur à Séoul. Pour commencer, la cycliste est-allemande Christina Luding-Rothenburger qui décrocha seulement une médaille d’argent. Ce qui est incroyable dans sa performance, c’est qu’elle avait décroché quelques semaines plus tôt une médaille en patinage de vitesse lors des Jeux Olympiques d’hiver devenant à cette occasion l’unique sportive à réaliser cette prouesse.

Dans la catégorie femmes exceptionnelles, on a aussi l’escrimeuse Kertin Palm qui marqua à sa manière l’histoire. Escrimeuse suédoise, elle n’a pourtant jamais remporté la moindre médaille Olympique. En revanche, à l’occasion de ces Jeux de Séoul, elle participa à ses 7ème JO consécutifs, symbole d’une longévité fantastique. A ce sujet-là, j’ai été très étonné de découvrir que le détenteur du record de participations aux Jeux est le cavalier canadien Ian Millar avec pas moins de 10 participations ! Il débuta sa carrière olympique en 1972 à Munich alors qu’il n’était âgé que de 25 ans et tirera sa révérence en 2012 à Londres. Il aurait même pu porter ce record à 11 participations si le Canada n’avait pas boycotté l’Olympiade moscovite en 1980.

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La conclusion parfaite de Steffi Graf

Pour revenir en Allemagne, cette fois-ci à l’Ouest, impossible de ne pas évoquer la performance de Steffi Graf qui profita du retour du tennis aux JO après une absence de 64 ans, puisqu’ils n’avaient pas été au programme depuis 1924, pour s’imposer et réaliser le seul Grand Chelem doré de toute l’histoire du tennis féminin et masculin. Ce Grand Chelem doré, c’est le summum qu’une joueuse puisse espérer dans sa carrière. Cela consiste à remporter les 4 tournois du Grand Chelem et les Jeux Olympiques la même année. Une domination totale sur son sport qui est forcément très très rare. Rendez-vous compte que même les Nadal, Djokovic et Federer qui règnent sur le tennis depuis quasiment 2 décennies ne sont jamais parvenus à ne réaliser ne serait-ce que le Grand Chelem, sans même parler de titre Olympique. C’est dire la performance de Steffi Graf.

En même temps, les performances hors-normes, c’était son truc. D’une précocité quasiment jamais vu, elle arriva sur le circuit principal à l’âge de seulement 13 ans, elle remporte dès sa première apparition un match à Roland-Garros, devenant alors la plus jeune de l’histoire à accomplir cette histoire. Son ascension est alors irrésistible. Dès l’année 1987, personne ou presque ne peut la stopper alors qu’elle n’est pas encore majeure. Durant toute la saison, elle ne s’inclinera que 2 fois en finale de Wimbledon et de l’US Open face à Martina Navratilova, alors n°1 mondiale, qui devra laisser son trône à sa rivale allemande.

Lorsque débute l’année 1988, Graf ne semble pas encore avoir atteint ses limites. Son jeu s’améliore encore et l’écart entre elle et les autres s’étend dans des proportions quasiment inimaginables. Elle remporte l’Open d’Australie tout d’abord, puis Roland-Garros en pulvérisant la pauvre Natalia Zvereva 6-0 6-0 en finale, le tout en 34 minutes de jeu. Le 3ème Grand Chelem de la saison, Wimbledon a des allures de boss final pour Graf qui arrive sur un terrain dominé par Navratilova, détentrice de 6 titres consécutifs en terre britannique. Malgré cela, elle la battra en finale avant de réaliser un quadruplé quasi inédit à l’US Open face à Sabatini. Elle réalisera l’inédit à Séoul où, arrivée en grande favorite, elle ne perdra qu’un set avant de décrocher la médaille d’or, une nouvelle fois face à Sabatini.

C’est assez fou à dire, mais à seulement 19 ans, Graf avait déjà tout gagné. Pourtant, sa carrière ne s’arrêta pas là. Mais genre pas du tout. Jusqu’à sa retraite au début des années 2000, elle explosa quasiment tous les records devenant entre autres, la joueuse ayant terminé le plus de fois au premier rang mondial, 8 années réparties entre 87 et 96. Sa polyvalence était sans doute sa plus grande force et est symbolisée par le fait qu’elle remporta au cours de son immense carrière au moins 4 titres dans chacun des tournois du Grand Chelem, disputés sur 4 surfaces différentes. Jusqu’au bout, elle sera restée au sommet puisque lors de son avant-dernier tournoi du Grand Chelem en 1999 à Roland-Garros, elle s’imposera à la surprise générale face à l’étoile montante du tennis mondial Martina Hingis, match que je vous ai raconté lors d’un précédent podcast, que je vous invite à aller écouter si vous ne l’avez pas encore fait.

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Sergei Bubka, perchiste au sommet de l'Olympe

Un autre grand nom du sport mondial s’est illustré au cours de cette Olympiade sud-coréenne. Pour le trouver il faut aller du côté de l’athlétisme, et du saut à la perche plus précisément. Si vous n’avez pas encore deviné, il s’agit de l’immense Sergei Bubka. Le soviétique a littéralement révolutionné son sport, portant le record du Monde à un niveau qui paraissait totalement inaccessible.

Avant d’entamer sa domination sur le circuit mondial, c’est le Français Thierry Vigneron qui avait sabré le champagne en dernier en s’envolant à 5m83. 10 ans plus tard, Bubka réussissait son dernier record en franchissant une barre hissée à 6m14 soit 31 centimètres plus haut. Evidemment, sa progression ne s’est pas faite en un jour et c’est d’ailleurs à Rome, en 1984 que Bubka a définitivement pris le dessus sur tous ses adversaires. Ce jour-là, et alors qu’il est détenteur du record du monde depuis 1 an, il est poussé dans ses retranchements par notre frenchie Vigneron qui devint le premier homme à franchir 5m91. Loin d’être assommé par cette performance, le soviétique franchira le même soir 5m94 et sera ensuite l’unique détenteur des records du Monde jusqu’en 2014 et l’arrivée d’un nouveau Frenchie, Renaud Lavillenie, soit 20 ans de monopole !

En plus de ces records, Bubka s’est constitué un palmarès exceptionnel avec notamment 6 titres de Champion du Monde. Malgré cela, lorsqu’il arrive à Séoul, l’expérience Olympique du Tsar comme on le surnomme, est inexistante. Pénalisé par le boycott des Jeux de Los Angeles par les pays du Pacte de Varsovie, c’est donc la première fois qu’il s’apprête à concourir sur le sautoir le plus médiatisé du Monde. La pression n’aura pas franchement d’impact sur lui et il s’imposera avec un saut à 5m90, prouvant au Monde entier sa supériorité alors indiscutable.

Il ne peut alors pas s’en douter mais malgré une décennie de domination, ce sera le seul titre Olympique qu’il remportera. En effet, quatre ans plus tard à Barcelone, alors qu’il vient d’améliorer encore le record du Monde quelques semaines auparavant et que sa supériorité semble encore démesurée, il échoue, à la stupeur générale, à 5m70, sa première barre, aux allures, pour lui d’échauffement. Décidant de garder son dernier essai pour tenter les 5m75, il connaîtra la même déconvenue et devra se contenter, si l’on peut dire, de la dernière place de cette finale. 4 ans plus tard à Atlanta, c’est cette fois-ci une blessure qui le privera de toute chance puisqu’une inflammation au tendon d’Achille l’empêchera de participer à l’épreuve de qualifications.

Contre toute attente, le sommet de la carrière Olympique de Bubka a donc été atteint lors de l’Olympiade 1988. Il n’en reste pas moins une Légende de l’athlétisme, l’auteur de l’un des records du Monde les plus mythiques de l’Histoire, surpassé récemment par Renaud Lavillenie et le suédois Armand Duplantis. A l’image des sportives et sportifs que je vous ai présentés, il aura donc montré son meilleur visage à Séoul et décroché un titre qui ponctua une carrière dorée.

La France de son côté, poursuivit sa remontée au classement des médailles en engrangeant 16 médailles dont 6 en or et s’offrant une 9ème place au classement des médailles.

Quatre ans après Séoul, les Jeux Olympiques arriveront à Barcelone, dans la capitale catalane qui accueillera, vous le verrez, la plus grande équipe de sport collectif de toute l’histoire du sport. Je vous en parlerai dans mon prochain épisode, à bientôt !