Alaphilippe, plus d'un Tour dans son sac

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Photo : Stéphane Mahé / AFP

Le Tour de France s’est élancé ce samedi de Nice. Après une première étape courue sous une forte pluie, dont on retiendra les nombreuses chutes, impliquant notamment le Français Thibaut Pinot, favori pour le classement général, et la victoire au sprint du Norvégien Alexander Kristoff, la deuxième étape laissait apparaître les premiers reliefs, un profil parfait pour Julian Alaphilippe. Il était attendu et, comme souvent, il n’a pas déçu, en remportant l’étape et en s’emparant par la même occasion du Maillot Jaune.

 

A seulement 28 ans, le palmarès de Julian Alaphilippe ferait déjà rêver tout cycliste professionnel. Vainqueur, entre autres, de certaines des plus grandes Classiques*, de 4 étapes sur le Tour de France, du maillot à pois* en 2018 et porteur inattendu du maillot Jaune pendant 14 jours l’an dernier, qui en a fait la nouvelle coqueluche du public Français, il ne semble pourtant en rien rassasié. Et ses larmes à l’arrivée de l’étape d’hier en disent long sur ce que cette nouvelle victoire représente pour le natif de Saint-Amand-Montrond, qui a dédié sa victoire à son père, décédé il y a deux mois seulement.

 

Une dernière année en demi-teinte

Car si sa merveilleuse épopée en Jaune de l’an dernier sur le Tour a marqué les esprits, les mois qui ont suivi n’ont pas été faciles pour le Français. Habitué par le passé à collectionner les premières places, sa dernière victoire remontait à plus d’un an. Où ça ? sur les routes du Tour de France 2019, déjà. 1 an sans gagner, ce n’est pas dans l’ADN d’Alaphilippe. Depuis quelques semaines, il semblait coincer un peu au moment de produire le dernier effort. Sa deuxième place sur Milan-San Remo* dont il était tenant du titre, ses troisièmes places sur une étape du Dauphiné – course d’une semaine de préparation pour le Tour de France – et des Championnats de France laissait, pour la première fois depuis longtemps, planer un doute sur sa capacité à empiler les succès.

 

Une étape parfaitement gérée​

L’étape vallonnée d’hier a prouvé qu’il était toujours le meilleur sur ce type de profil. Après avoir annoncé avant le départ qu’il visait la victoire d’étape, il a passé sans encombre les difficiles cols de 1ère catégorie* escaladés dans la première moitié de l’étape. Pour l’emporter, il devait distancer ses adversaires dans la dernière côte répertoriée dont le sommet était situé à 9km seulement de l’arrivée. Idéalement placé par ses coéquipiers au pied de cette dernière bosse, il a, comme prévu, porté une attaque foudroyante à 13km de l’arrivée sur les passages les plus raides. Tout le monde attendait cette attaque mais personne n’a rien pu faire dans un premier temps. Rejoint par deux coureurs quelques minutes plus tard, il s’est alors retrouvé dans la peau du chassé, tant par le groupe derrière lui qui n’avait pas désespéré de se jouer la victoire d’étape que par ses deux compagnons d’échappée qui craignaient sa pointe de vitesse en cas d’arrivée au sprint.

 

Malgré tout cela, personne n’a pu l’arrêter. Il a su se montrer suffisamment tactique pour faire collaborer ses derniers, et assez patient pour lancer son sprint à 200m de l’arrivée pour résister à tous les autres coureurs, lever les bras sur la ligne d’arrivée et revêtir, un an après son Tour incroyable un nouveau Maillot Jaune qu’il portera fièrement demain sur les routes de la troisième étape. Une fois de plus, alors que tous les yeux étaient rivés sur lui, il a prouvé que sur ce type de parcours vallonné, il restait LA référence du cyclisme mondial.

 

Après une série noire de plus d’un an, Julian Alaphilippe a de nouveau frappé sur le Tour de France, grâce à une victoire pleine d’autorité confirmant ainsi son histoire d’amour avec la Grande Boucle. Il semble qu’il ne puisse plus se passer du Tour de France mais, plus certainement encore, le Tour de France ne peut plus se passer de lui. Il ne paraît pas capable de se battre pour le classement général final à cause de ses lacunes en haute montagne, mais avec lui, tout est possible. Vivement la suite…

Pour tout comprendre:

*Classiques : Les Classiques sont des courses cyclistes qui, à la différence du Tour de France, se courent sur un seul jour. Chacune ayant ses spécificités, elles sont extrêmement prisés par les coureurs et en remporter une est réservé à l'élite du cyclisme mondial. 

*Maillot à pois : Pour tout savoir des maillots du Tour, rendez-vous ici

*Milan-San Remo : L'une des 5 Classiques les plus prestigieuses du calendrier, appelées les "Monuments".